Le Web 2.0 est-il un rétrovirus ?

2009 mars 1
by web2exploration

Les principes du Web 2.0 sont-ils de la même nature que les rétrovirus, capables de modifier la structure génétique de leurs hôtes, c’est la petite question qui m’est venue à l’esprit après les mésaventures de facebook lors de la mise à jour avortée de ses conditions d’utilisation.

Voici donc une entreprise, en l’espèce un réseau social au succès planétaire, qui cherche tant bien que mal un modèle d’affaires susceptible de couvrir les énormes frais d’infrastructures indispensables à son bon fonctionnement. Après avoir décliné plusieurs offres bien grasses de rachat, facebook, son fondateur et ses actionnaires ont fait le choix de l’indépendance. Un choix qui implique de construire une relation de confiance forte avec les utilisateurs en passe de devenir clients.

L’introduction de la publicité contextuelle est une première étape, encore balbutiante, mais qui pourrait à terme conduire facebook sur les traces de Google. Mais voilà que certains juristes de la maison se sont mis en tête de se donner les coudées franches pour exploiter plus librement toutes les données disponibles à des fins monnayables. Boum ! Patatras ! A peine 48 heures après l’annonce des nouveaux “Terms of Use”, impliquant l’entière possession des données privées par facebook, c’est la révolution. Les utilisateurs de facebook se liguent en “groupes” et pétitions sur les services mêmes de la maison pour dénoncer la perte de souveraineté imposée unilatéralement par le réseau social sur leurs propres données.

Parasitisme réciproque

Il faut dire que Mark Zuckerberg et ses acolytes ont eu la main leste. Et face à la réaction des utilisateurs et de la presse, une semaine plus tard, l’entreprise recule. En somme, on peut dire que le réseau (des utilisateurs) a gagné face à l’entreprise “réseau social”. Le succès de l’entreprise facebook implique en lui-même un parasitisme réciproque : l’entreprise tire profit des données partagées par les utilisateurs et les utilisateurs tirent profit des infrastructures de partage de l’entreprise.

Aujourd’hui, Mark Zuckerberg annonce tout simplement que les conditions d’utilisations seront discutées avec les utilisateurs. La discussion est ouverte (ici et ). Et à lire la conférence qu’il a donnée le 26 février, on devine que ces discussions vont s’ouvrir plus largement sur la question de l’utilisations publiques des données personnelles. Une question, qui pour le moment demeurait l’apanage des juristes et des avocats d’affaires, va enfin prendre sa place dans le débat public.

C’est le signe que ce qui fait le succès des applications web 2.0 – l’implication des utilisateurs dans le bon fonctionnement du service – a pour corollaire  que ces mêmes utilisateurs puissent à terme participer également à la direction de l’entreprise elle-même.

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